Mobilité : circulation routière au Tchad
Circuler sur les routes du Tchad n’est pas chose aisée. Il faut, en plus du permis de conduire, avoir le réflexe nécessaire pour anticiper sur les faits et gestes des autres conducteurs imprudents, pallier l’absence de signalisations routières, exercer sa vision pour s’adapter à l’obscurité sur les routes. En somme, avoir un second permis...
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A N’Djaména, le phénomène est courant. Sur une même voie, animaux, vendeurs ambulants de charbon de bois, cyclistes emportés par des conversations, piétons, fraudeurs, handicapés aux tricycles bourrés de produits manufacturés, charrettes remplies de sacs de mil ou de charbon tractées par des chevaux, camelins se traînant sous le poids de sacs de mil, mobylettes transportant plusieurs sacs de 100 kg de denrées alimentaires importées du Cameroun, se disputent le passage. Ce décor est embelli tous les jours, entre 15 heures et 17 heures par des pick ups poussifs remplis de sacs de charbon de bois ou de seckos, de gros véhicules, véritables chaînes de montagnes mobiles qui se déplacent en arrachant tout sur leur passage : câbles téléphoniques, électriques, branches d’arbres, annonces publicitaires, etc. Parmi ces derniers, on peut être certain de voir 1 ou 2 obstruer la voie parce que leur crémaillère est enlevée, une roue a éclaté ou le fil avec lequel les marchandises ont été attachées a cédé sous le poids de celles-ci. Il faut alors, au bas mot, 2 à 3 heures pour que la voie soit enfin dégagée, souvent avec un large trou béant sur la chaussée sans que personne ne trouve à redire. Un encouragement à la récidive !
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Sur certaines voies, notamment les avenues Charles de Gaulle, du 10 octobre, la voie de contournement, se frayer un espace pour circuler pose problème. Commerce informel, stationnements non contrôlés de voitures, taxis, minibus et gros porteurs obstruent les artères les rendant inaccessibles à tout moment.
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Ici, c’est aux heures de pointe que la police juge utile d’occuper les ronds points les plus fréquentés pour se faire de l’argent au lieu de réguler la circulation. Le désordre provoqué par la police routière lors des contrôles est indes-criptible. Le rond point du marché de Dembé sert d’exemple. Enfin, conduire de nuit, à N’Djaména, donne le tournis. L’on rencontre des véhicules dont les phares éblouissent au point de rendre aveugle. Tout comme il est fréquent de croiser des engins qui circulent sans phares mais juste avec des feux de détresse ou un clignotant en marche pour prévenir de leur présence.
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Panneaux de signalisation, connais pas
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Sur le plus grand axe butimé du pays allant de N’Djaména à Moundou, c’est sur le seul tronçon Kélo-Moundou que l’on aperçoit quelques panneaux de signa-lisation (essentiellement des signalisations de dangers et d’insections de routes). Des nombreuses successions de virages dangereux, il n’est pas fait mention. De N’Djaména à Bongor, aucun panneau de limitation de vitesse ni de signalisation des zones habitées que les conducteurs traversent parfois à plus de 120 km à l’heure. Troupeaux de bovins, camelins et caprins traversent la voie en tout point, dans tous les sens et à toute heure. En saison des pluies, les hautes herbes rétrécissent la chaussée, réduisent la visibilité; les conducteurs ne peuvent compter que sur les feux de brousse pour les aider à voir un peu plus clair.
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A Bongor, le seul axe bitumé traverse le centre de la ville. Et à ce point névralgique de la cité se trouve les administrations mais, aussi le marché, le parking pour voyageurs, des débits de boissons et points de restauration, des vendeuses de sucre, de savon, des vendeurs de carburant, etc. qui se rivalisent la place. Ici, des conducteurs de taxis-motos dont le signe distinctif est l’allure avec laquelle ils vont et viennent, peuvent déboucher de partout. Curieusement, aucune présence de forces de l’ordre pour aider à un minimum de dissuasion.
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Si Sarh, Doba, Abéché et Mongo affichent plus de discipline, Moundou, par contre, est la ville qui talonne N’Djaména dans le désordre de la circulation routière et la palme d’or revient aux conducteurs de taxis-motos de cette agglomération. Aller de Moundou à Koumra, c’est le chemin du calvaire pour les automobilistes. Il faut 5 bonnes heures au moins pour franchir les 90 kilomètres séparant les deux localités. Ce sont là les réalités tchadiennes.
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Par BERIENLIGNE | Avant | 15/07/2007 00:10 | Après | Un peu de tout T | aucun commentaire | Lu 422 fois
