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Lors que toutes les conditions sont remplies pour que la réunion des époux puisse avoir lieu, le garçon fixe avec sa belle mère le jour où la jeune fille doit lui être remise.  Au jour convenu, pour que le  garçon aille dans le village de la jeune fille, il se fait en partie habiller par un homme estimé de tous, possédant de nombreux enfants et de beaux troupeaux, en bonne santé et ayant de bonnes relations avec sa femme; toutes conditions indispensables et de bon augure. Le marié est entièrement vêtu de blanc. Il porte généralement un boubou et il a aux pieds des chaussures fermées. Parmi les attributs ou ornements portés par le mari, on peut observer un sabre ou un fouet, un pagne de femme, un bracelet de boules d’ambre. Le port du sabre est plus fréquent que celui de fouet. Sabre ou fouet sont tenus verticalement comme le font les chefs dans les parades.

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Les pagnes de femme sont bariolés, flottent sur les épaules du marié, ils sont destinés à la mariée, ils serviront à la voiler pour la conduire à la maison nuptiale et elle les conservera par la suite.Le bracelet de boules d’ambre est porté par le marié à son poignet droit. Tous les hommes qui se marient portent un tel bracelet, ils le mettent le jour ou ils entrent dans la maison nuptiale et le gardent une dizaine des jours. Les boules d’ambre leur ont été données par leur mère, leur sœur et autres femmes de leur parenté ; chacune donnant une ou deux boules. Il est ainsi aisé de déceler d’un coup d’œil l’importance de la parenté féminine d’un garçon. Au bout de dix jours, le marié fait cadeau du bracelet à sa femme. Symbole de la richesse, ces perles d’ambre ont peut être aussi une autre signification. Mettre pour un homme un bijou habituellement porté par des femmes, n’est-ce pas une manière de tromper les mouvais esprits sur son identité en une période où l’on est particulièrement vulnérable ? C’est dans même esprit que l’on peut comprendre le port de bijoux féminins par les nouveaux circoncis. 

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Le marié quitte son village

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Le marié qui, a partir de ce jour, se nomme bogura quitte son village à cheval ou à dromadaire. Il est escorté d’hommes et de femmes jeunes, parents ou amis ; en général tous d’un même village. Les garçons quant à eux, sont également à dromadaire ou à cheval, les filles à pied ou assises en croupe derrière un garçon si le village de la jeune fille est éloigné. Ni les parents du garçon, père et mère, ni ses oncles et tantes n’accompagnent le groupe ; mais les enfants de ceux-ci font partie du cortège. Le plus souvent celui-ci se met en route pendant la nuit, selon la distance qui sépare les deux villages. Un forgeron avec son tambour les accompagne, sauf s’il y a des morts récemment.

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Derrière le marié, en croupe, a pris place une sorte de garçon d'honneur ; si la distance est courte il suit à pied. Il servira d’intermédiaire pour toutes les relations que le marié désirera avec l’extérieur durant la période de réclusion. Le cortège ainsi formé progresse jusqu’au village de la jeune fille. Lorsqu’on trouve un terrain plat, on s’arrête pour faire galoper les chevaux et les dromadaires, lorsqu’on a franchi un ouadi,  on s’arrête pour danser : les garçons brandissent leurs javelots et autres armes dont ils font vibrer les hampes, les filles dansent en cercle autour du marié en brandissant des vanneries. Elles chantent. Elles poussent des you-yous.

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L’arrivée du cortège du marié

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Lorsque le garçon et son cortège arrivent dans le village de la jeune fille, les femmes de ce village accourent en chantant et en poussant des you-yous pour accueillir le marié. Parfois un faki intervient à ce moment-là. Moyennant un peu d’argent ou un don modeste, il prononcera quelques bénédictions. Puis le garçon est conduit vers la maison nuptiale ou descend de Chaval ou de dromadaire. Un repas préparé par la belle mère, ses parents et ses amis le régale avec ses parents et ses amis. On festoie, on danse ; généralement on ne dort pas jusqu’à l’aube.

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Le garçon remet les cadeaux qu’il a apportés. A la mariée il donne au minimum deux pagnes bleus foncés teintent à l’indigo et des parfums et quelques bracelets en or. A la belle mère, aux belles-sœurs et autres femmes de son beau-père « ses belles-mères »  il remet également des pagnes, parfois aussi une charge de mille et de la viande. De son coté la belle-mère offre quelques bijoux à sa fille : parmi eux figurait, la coiffure en perles rouges,  dite «mamur » ; puis elle annonce aux vielles femmes du village : c’est maintenant que je vais donner ma fille à ce garçon. Autrefois, il y a aussi certains cadeaux, en particulier les bijoux en or qui, ne seraient remis à la jeune femme, par son mari, que le lendemain de son entré dans la maison nuptiale, il  en serait de même pour les cadeaux faits à la belle-mère. Cela veut-il dire que le marié attend d’avoir la certitude que sa femme est vierge avant de faire ces ultimes cadeaux de haute valeur et qu’il ne les ferait pas dans le cas contraire ?

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Des l’annonce de l’arrivée du marié, la jeune fille se cache dans la maison d’une parente. Les femmes du village se mettent à sa recherche. Elles ont pour tâche de la conduire à la maison nuptiale. Une fois découverte, la jeune fille doit résister et ne consentir à se montrer qu’après la promesse de quelques cadeaux, manifestant symboliquement qu’elle est contrainte malgré elle de quitter sa famille et qu’elle n’est désireuse de changer d’état et de devenir une femme. Les villageoises la conduisent en cortège jusqu’à la maison nuptiale où l’attend le marié. Elle est recouvert d’un pagne qui la cache jusqu’aux pieds, échappant ainsi à la fois aux regards et aux mouvais esprits. Elle est généralement accompagnée des femmes majeures. La procession est accompagnée d’un chant, la jeune mariée fait contraste avec le cortège exubérant et joyeux du marié. La téné seyla « une sorte d’assistante et confidente » marche auprès de la mariée, cachée sous le même pagne. Elle est souvent une amie intime ou une parente de la mariée.

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Arrivée devant la porte de la maison nuptiale, la mariée refuse d’entrer. Ce n’est qu’après avoir reçu quelques cadeaux qu’elle se décide, suivie d’un petit nombre de femmes. Elle reste d’abord debout à coté de la natte ou du tapis où le marié a pris place. Elle refuse de s’asseoir puis finalement prend place à la droite du marié, là aussi non sans avoir reçu la promesse de quelque cadeaux. Elle refuse encore une ultime fois, de se dévoiler mais avec l’aide de la jeune femme qui l’a guidée elle se dévoile. La téné seyla s’assoit à coté d’elle, dans une position symétrique de celle du garçon qui accompagne le marié. Les mariés restent ainsi une heure ou deux assis sur le tapis, les participants défilent devant eux, offrant ou promettant des cadeaux tout en leur prodiguant toutes sortes de vœux de prospérité, leur souhaitant en particulier ne nombreuse descendance de garçons et de filles. Du thé est servi, puis chacun se retire !

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Le lendemain des noces

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La jeune fille a été remise à son mari et le a été consommé. Dés lors et jusqu’à la fin de la période de la réclusion, la jeune mariée est désignée par le terme  de « omura » qui veut dire « celle de la gauche » de omu « la gauche » parce que sur le tapis elle s’assoit à gauche du marié. A partir de ce moment aussi la maison nuptiale est dénommée « omru bie » parfois « bogura bie ».

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Au lendemain des noces, vers huit heurs du matin, le marié sort de la maison nuptiale en tenant dans une main le pagne et la ceinture de la mariée et dans l’autre son sabre qu’il brandit, faisant ainsi constater que le est consommé et aussi, sans doute que sa femme était vierge. Puis un jeune homme de même age que lui, met le pagne sur ses épaules et il drap la ceinture autour de sa tête et ouvre la danse. Les parents de la mariée, le plus souvent des femmes sortent de leurs habitations avec à la main des couvercles en vannerie ; les parents du mari prennent des javelots, fouets et des sabres. Ceux qui sont à la fois parents du garçon et de la fille prennent une arme dans la main droite et les femmes, un ustensile de (vannerie) dans la main gauche. Tous ils dansent, ils danseront ainsi pendant trois jours, matin et soir. Chaque fois que le beri bogura ira dans la maison nuptiale prendre le pagne et la ceinture de la mariée, rendant cette dernière symboliquement présente alors qu’elle reste à l’écart des réjouissances, à l’intérieur de la maison nuptiale.

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Entre temps, les jeunes gens ont égorgé deux taureaux ou un chameau, les femmes ont beaucoup de nourriture, le forgeron tapait son tambour, la belle mère envoie sans arrêts de jarres de bière de mil sur les iga « les lieux sur lesquels descendus les parents du marié » quant au thé, il est servi à volonté tant à l’intérieur de la maison nuptiale que sur les iga. Le marié apparaît tantôt dans cet iga tantôt dans l’autre, ils boivent et ils rigolent. Certains tirent en l’aire des coups de feu et racontent leurs aventures sous forme de orale et spontanée et d’autres draguent les jeunes filles qui leurs servaient du thé ou de la bière. Là-bas, dès que le soleil se montrait complaisant, le forgeron reprend son tambour et les danses reprennent de plus bel. A la nuit tombée, on continue à danser au clair de la lune. Durant les trois jours et nuits qui suivent la nuit des noces, la fête est totale.  


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