Les débuts des relations d’amour chez les Beri
Si d’aucuns dans les cultures de l’extrême orient se mettaient dos à dos pour exprimer leurs sentiments d’amour et d’autres fermaient carrément les yeux, pour dire la même chose. Les Beri d’autrefois comme d’aujourd’hui, profondément pudiques qu’ils sont, ne se peinaient point moins pour exprimer leurs sentiments d’amour. La délicatesse est totale lorsqu’il s’agissait de faire la première déclaration d’amour. Il faudrait alors trouver une introduction pour le moins kilométrique, tout en esquivant nombre des mots simplissimes ailleurs admis mais ici interdits!
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De ma mémoire et de celle de mes amis, personne n’a souvenance d’avoir formulé de manière directe, l’expression « je t’aime » ne serait-ce qu’une seule fois. Et pourtant, chacun de nous atteste avoir vécu les quatre cents fantastiques coups, avec les angéliques du pays du sable doré. Pour ma part, je suis donc à deux doigts de conclure que, les beriténés aimeraient plutôt des gestes tangibles en place des douces paroles, des actes palpables au lieu des bonnes intentions et elles préfèreraient voir, de leurs yeux, la manifestation du cœur soupirant et non entendre, de leurs oreilles, les expressions anesthésiantes de l’amour, si magique à entendre furent-elles ailleurs, ce qui revient à dire alors, dans une certaine mesure, elles seraient à la fois pragmatiques et pudiques.
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Le coup de foudre !
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Les marchés publics, les lieux des danses au clair de la lune, les points d’eaux, offraient l’essentiel des face-à-face déclencheurs des coups de foudre. Toutefois, il n’est pas de bon usage au pays Beri, d’exprimer amplement ses sentiments sur le champ. Ce premier échange de parole entre cœurs secoués et âmes attirées, se résume dans bien des cas, à connaître l’identité de la gazelle dont on est tombé amoureux, le nom de son village d’origine, les noms de ses amies et autres petites informations de toutes natures, exceptées celles en relation directe au coup de foudre en question. A la lumière des informations obtenues, (plus on est beau parleur, plus on en obtient) le jeune homme élaborera soit en solo soit en collaboration avec ses intimes amis ou ses cousines auxquelles il a eu l’habitude de se confier, une meilleure stratégie de drague prometteuse.
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Commence désormais, un jeu de séduction à la version Beri, il se fera de multiples façons, tantôt chanson romantique interposée, tantôt une cousine dévouée interposée et tantôt une amie de la gazelle aimée interposée. La fin justifiant toujours le moyen, chacun y procède de sa manière et de ses mots, seul compte le résultat. La gazelle de son coté, si elle trouve son compte dans l’affaire du coeur, elle se renseignera suffisamment sur le jeune homme, mais pour elle, la discrétion est de mise ! Le moindre faux pas dans ses démarches feutrées, lui attirera inéluctablement de moqueries draconiennes de la part de ses amies. Cependant, bien que vigilante et discrète, elle trouvera toujours le moyen d’avoir des réponses à ses questions : une glissée lors des plaisanteries entre copines à la maison, une deuxième posée à voix basse aux accompagnatrices sur le chemin du retour du puits, et une troisième lancée dans la foulée des palabres animées pendant la randonnée menant sur le lieu des danses nocturnes etc. Autant d’occasions pour elle de trouver des réponses à ses questions, sans que personne ne s’en aperçoive de l’amour qu’elle a pour le jeune homme ! L'action ainsi menée parallèlement et discrètement donnera généralement de ses fruits !
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Les rencontres sur les lieux des festivités
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Pour une aventure passagère d’une soirée ou une aventure sérieuse d’une vie, les lieux des festivités, notamment ceux des cérémonies des mariages, sont les meilleurs endroits préférés par les jeunes de tous horizons du pays Beri. Et pour cause, ils offraient toutes les conditions d’une meilleure pêche des chairs sensibles ! En outre, sur ces endroits de manifestations festives, les filles se montrent sublimissimes, radieuses, disponibles et rayonnent telles des véritables gazelles au sortir de la saison pluviale ! Sur ces lieux bénis du ciel, ce sont elles, qui pour une fois, s’occupent des garçons! Encore faut-il être éloquent, puisque ce sont les éloquents qui occupent ici le devant de la scène, au grand dam des moins éloquents. Chacun profitant de l’occasion fait parler ses atouts pour séduire : les poètes trouvent ici un terrain hautement propice pour épater la galerie en racontant sous forme de poèmes oraux, leurs aventures vibrantes. Les joueurs de l’instrument Kirding une sorte de « Violon » s’invitent sur le devant de la scène, pour impressionner les nanas. Quant aux réputés de bravoure, de générosité, d’élégance, de beaux danseurs et de beaux parleurs, s’en mêlent, eux aussi, rendant ainsi, la compétition pour le moins draconienne. Mais fort heureusement, les gazelles, objet de toutes les attentions masculines, sont là pour s’occuper de tout le monde.
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En effet, lorsque les filles commencent la distribution de la bière du mil et du thé aux garçons, chacun aura un tête-à-tête privilégié avec une gazelle, c’est l’occasion ultime pour les jeunes simples ou anonymes, leur permettant de mener une prometteuse tentative de séduction ! Si le passage de la gazelle distributrice ait lieu nuit, toutes les chances sont réunies pour que le plus timide des jeunes sorte content de sa tentative de tentation. Il faut savoir que dans la culture Beri, la fille distributrice des boissons à l’obligation de faire boire son hôte, toute fille qui manque à cette obligation entache sa bonne réputation dans son village. Le garçon, fort de sa carte de refus de boire, fera subir un véritable calvaire à la fille distributrice, si elle n’obéit pas à ses désirs et ne trouve pas les mots doux pour s’en sortir de l’affaire.
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Le garçon utilise son veto « je ne boirai pas ton thé » !
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Dans son espoir d’avoir droit à un joli sourire, un magnifique regard ou même une douce touchée, le garçon dira à titre d’exemple : je ne boirai pas de ta bière ou de ton thé, tant et aussi longtemps que tu me ne diras pas, qu’est ce que je vois sur ta poitrine, pointant le doigt sur les oranges de la gazelle! Cruelle question ! Il ne manquait plus que çà, murmurerait la fille ! Coincée entre l’attentat à la pudeur auquel essaye de la conduire le garçon et le risque du refus de garçon à boire de sa bière, la gazelle se forcera pour lui jeter un regard suppliant aux multiples messages, un sourire angélique, sinon, une douce tapée sur les épaules, pour le garçon tout est bien qui finit bien. La discussion peut cependant prendre des heures durant. Ces genres des rencontres engendrent parfois des histoires courtes sans lendemain, mais aussi, des sérieuses histoires d’amour qui durent toute une vie.
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Bien à vous !
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Réflexion de Déoubégué
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Par Berienligne | Avant | 30/07/2007 09:43 | Après | Forum Articles | 24 commentaires | Lu 1102 fois
par Tchadien, le Mardi 10 Juillet 2007, 13:38
Répondre à ce commentaireBien que je ne suis pas beri mais j'ai aimé cet extrait. Pourquoi un anonyme cherche a decourager ce jeune qui a su nous decrire une si belle et veridique histoire. Meme mon ethnie a moi, je n'ai pas besoin de le citer parce que le site est typiquement beri comme son nom l'indique, meme mon ethnie a de caractere similaire pour se rapprocher d'une fille. Sauf que dans ma tribut, les filles ne distribue jamais d'alcool. En publique dans ma tribut a moi, pas d'alcool. Les filles distribuent du thé. Dire je t'aime publiquement c'est osé. Merci pour ce jeune homme pour son interpretation meme s'il ne signe pas par son vrai nom. Ce qui importe c'est l'histoire en question. Donner nous d'autres nouvelles pour que le Tchad evolue petit a petit.
Un de votre frere Tchadien.
Recevez mes salutatios les plus fraternnelles et patriotique!!!
Commentaires
1 - neantpar Anonyme, le Mardi 10 Juillet 2007, 13:01 Répondre à ce commentaire